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Si on regardait par dessus l’ épaule de celui qui écrit ?

« Sait-on ce que c’est écrire ?
Une ancienne et très vague pratique dont gît le sens au mystère du cœur.
Qui l’accomplit intégralement se retranche.  » Mallarmé

Qu’est ce qu’il se passe quand on crée, quand on écrit ?
Dans quelles dispositions sommes-nous ?
D’un caractère à l’autre, l’écriture reste une pratique individuelle. Pourtant, on ne peut pas faire n’importe quoi. Certaines attitudes sont développées et permettent le déclenchement de l’écriture.
Pour écrire, on doit être disponible, ouvert à son expérience dans l’ici et maintenant. Il faut être prêt à se laisser envahir par une émotion et ressentir ce qu’il se passe exactement en nous. Même un objet peut nous raconter une histoire et on ne  doit rien négliger, mépriser au départ. D’ailleurs, il existe des risques de se laisser envahir par des sentiments désagréables. Quand on écrit, on accueille, on s’ouvre à des émotions qui peuvent aussi devenir perturbantes. Celui qui écrit laisse un droit d’entrée au champ des possibles, au hasard.
La personne développe aussi sa sensibilité du moment, elle est prête à jouer. Elle est curieuse et va vers son émotion pour la mieux connaître. Dans les multiples possibilités qu’on lui offre, une étincelle jaillit qu’elle va exploiter. Et comme un joueur de poker qui peut envisager à l’avance les distributions pertinentes des cartes, elle anticipe la route qui lui reste à parcourir. Elle se crée ses règles du jeu.
De même, on est prêt à se laisser envahir par une émotion que l’on pourrait considérer comme sans importance dans une autre activité. On ne cherche pas à évaluer et cette attitude peut engendrer un certain désordre intérieur. Ici, le familier sort de son cocon habituel et peut nous bouleverser.
A travers les saveurs de la banalité, les méandres de la vie quotidienne, celui qui écrit apparaît comme un être curieux, impatient, cherchant la nouveauté et une meilleure connaissance des choses qui l’entourent.
Il voyage vers l’inconnu, découvre et avance. Même si lors de certaines escales, il s’aperçoit que la vérité de lui-même peut lui échapper.

cafe book eamonn Mc Cabe

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5 réflexions sur “Si on regardait par dessus l’ épaule de celui qui écrit ?

  1. L’écrivain est nécessairement « schizophrène », à la fois dans la réalité et dans son livre… Il m’est arrivé parfois, lors d’une soirée entre amis, que mon esprit attrape un instant et commence à dériver dans l’imaginaire, alors que la réalité se poursuivait autour de moi… Heureusement, étant de nature plutôt silencieuse, personne ne s’en est aperçu… 🙂

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  2. Il s’agit ici de l’écriture littéraire. est-elle toujours dictée ou marquée par l’émotion ? Largement certes, mais toujours ? Et sans parler de l’écriture de traités scientifiques…

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