Accueil » Rendez-vous d'écriture » Le geste d’écriture

Le geste d’écriture

Après le saisissement créateur, la personne passe à l’action expressive, au geste d’écrire. On peut considérer cette action comme unifiante, car la personne est en prise, en contact avec elle-même. Ce geste d’écriture devient disponible, possédé et prend toute sa place dans l’existence.
Maintenant, le stylo court sur le papier tant que tout ce qui devait être écrit n’est pas écrit. Cette étape entraîne une délivrance, une libération pour le sujet. C’est la « main » qui commande cette libération. Et, ainsi, il faut savoir se commander pour pouvoir cesser d’écrire, pour s’interrompre et retrouver l’instant, l’espace et le temps.
Cette étape est le passage de la page blanche ( l’état initial ) au texte ( l’état final ). Le matériel concret s’utilise dans cette étape. Des feuilles, un cahier, l’ordinateur aujourd’hui. Avec les nouvelles technologies, on se réserve le droit de ne plus tourner la page. Car tourner la page, semble comporter le risque de stériliser le processus, d’en briser le moteur et dans de provoquer une interruption. Avec des feuilles, avec l’ordinateur, on se permet de modifier son texte ou de l’enrichir.
Dans sa coulée d’écriture, la personne se donne les moyens d’une certaine continuité. On voit bien que la préoccupation du texte introduit une certaine discipline pour son accomplissement.
Ainsi, la page porte témoignage de cette quête dont nous avons suivi le voyage dans les étapes précédentes. Mais le geste d’écriture n’est pas une fin en soi du processus. Comme nous allons voir, cet instant de la séance d’écriture est suivi d’une phase de pré-émergence.
Car si l’écriture nous fait oublier le temps, ce n’est que tant que l’on écrit.
L’écriture coule tout au long de notre vie et il nous faut continuer à écrire.

 

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Publicités

3 réflexions sur “Le geste d’écriture

  1. Le stylo comme prolongement de la main, l’encre comme écoulement du sang… Personnellement, je n’écris pas les mêmes mots avec mon stylo et avec mon clavier. Merci pour ce billet. Excellente soirée 🙂

    J'aime

  2. Personnellement, les deux modes d’écriture, sur papier et sur ordinateur correspondent à deux moments différents. L’inspiration, qui peut prendre effet n’importe où, avec plus facilement un papier et un crayon sous la main, et l’acte d’unification de tous ces moments d’inspiration dans le temps choisi pour l’écriture elle-même…
    j’ai bien aimé l’expression « tourner la page », qui porte en elle le risque de fin et rend compte de la fragilité du flux de l’écriture, qui bute sur la matérialité du papier. Après une page que l’on a remplie, il y a une page vide, donc un nouveau défi à relever, de nouvelles preuves d’écrivant à donner… C’est ce qui rend plus trouble l’utilisation du papier.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s