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L’orange

Le manteau de neige n’est plus, l’hiver trop doux nous réchauffe
Les bourgeons éclosent protégés des frimas d’une saison oubliée
Le soir venu, le ciel s’éternise, se colore d’un orange délayé
Il s’étire, se fige dans un feu d’incandescentes flammes

Dans la plantation, le sac creuse douloureusement l’épaule
Sa main avide sait reconnaître le fruit parfait et mûr
Elle caresse la peau et cueille l’orange si précieuse
Le cageot partira vers un autre rivage, un nouvel étal

Autrefois, l’enfant la découvrait le matin de Noël
Empaquetée dans un papier brillant, l’orange attendait
Que les yeux s’émerveillent pour sa rondeur pulpeuse
Un cadeau simple et vrai, une gourmandise heureuse

Aujourd’hui, on l’oublie sur une coupe argentée
L’orange n’est plus l’étrenne pour de trop riches fêtes
Un mendiant la trouvera peut-être dans une poubelle
Ses lèvres gouteront à nouveau une tendresse éternelle

 

orange

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3 réflexions sur “L’orange

  1. J’aime, Valerie, retrouver ces cadeaux de l’enfance d’après-guerre, au temps des restrictions, la brioche et l’orange, les joies simples, loin de la course à l’avoir. Heureusement l’orange pourra encore faire la joie des démunis, les rejetés de la société.

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