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Et Nietzche a pleuré de Irvin Yalom

Dans les années 1880, à Vienne, le médecin reconnu Breuer , ami de Freud, rencontre sur la demande de Lou Andréas Salomé, le philosophe Nietzche. Selon la jeune femme, l’homme souffre de migraines et d’un désespoir insondable qui pourrait le conduire au suicide.
À partir de cette trame, Irvin Yalom nous narre les rencontres entre Breuer et Nietzche. Le médecin utilise un subterfuge, il souffre, lui aussi de désespoir et devient le patient du philosophe, réticent à toute tentative de soin.
La parole est au centre du roman. La parole qui dévoile les symptômes, qui cherche les causes du mal, qui délivre chacun de sa mélancolie. Dans ses joutes oratoires, les deux hommes se livrent une partie d’échecs où chacun à tour de rôle prend de l’ascendant sur l’autre, un jeu du « pris- pris » qui se répète.
Breuer est un médecin respecté et respectable, qui pourtant souffre d’obsessions envers son ancienne patiente Bertha (le cas Anna O que l’on retrouve dans les Études sur l’hystérie). Freud, encore son disciple, commence à devenir un accoucheur du sens des rêves. Nous sommes aux prémices de la psychanalyse et ce roman nous laisse bien percevoir l’étendue du champ des possibles que la méthode analytique va engendrer. Nietzche, empêtré dans sa philosophie et ses principes, est un patient récalcitrant, solitaire et qui refuse l’aide des hommes. Pourtant, la vérité, postulat de sa pensée, qu’il oblitère pour lui-même, va se révéler essentielle pour guérir de ses symptômes.
« Et Nietzche a pleuré » n’est pas sans comporter certaines longueurs, redondances qui parfois peuvent lasser. Pourtant, on se plaît à suivre ces rendez-vous entre les deux hommes. Un suspense est savamment entretenu par Irvin Yalom et l’on a envie de connaître le dénouement, de connaître le sort qui leur sera réservé.
Ce livre est aussi un télescopage, la rencontre entre la future psychanalyse et la philosophie. En cela, il devient intéressant à découvrir. Il retentit en nous et nous entraîne à nous poser des questions existentielles sur le sens de l’amour, du couple, de la vie, de la mort que nous portons. Notre vie est-elle celle que nous avons désirée ? Où est notre liberté ?
Pour terminer, je vous laisse cette citation de Nieztche bien sûr à méditer :
« Deviens qui tu es » .

 

 

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