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L’atelier

Sous la lumière claire obscure que diffuse l’atelier
Le tisserand sait carder la laine ébouriffée
Appliqué, il croise, tricote les fils sur le métier
Laissant doucement les couleurs de l’étoffe chatoyer

Les flammes incandescentes rougeoient dans la forge
Il s’éponge, tape dur sur l’enclume sans vergogne
L’encolure lustrée du cheval pépie d’impatience
L’animal fier attend un fer pour trotter en cadence

Sur le chevalet, un pinceau en équilibre est posé
Il espère et attend la main sûre pour esquisser
La personne aimée ou le paysage onirique oublié
Que le peintre pensif tente en vain de retrouver

Le mot attrapé s’est à nouveau, cabré, échappé
Il courre, fuit, galope, impossible de poser
Sa trace honnie reste invisible sur le papier
Sur l’infini des possibles, on doit encore chercher

Dans l’atelier des phrases, il faut savoir labourer
Pour creuser un sillon de lignes savamment  penchées
Celui qui écrit est un artisan dans son antre oubliée
Semant une infime trace qu’il espère dans vos cœurs gravée

Peinture Paul Serusier

serusier jpg

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2 réflexions sur “L’atelier

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