À la faveur

À la faveur d’une vie
Dans la chambre, un premier, un dernier cri
Près de soi, un enfant que l’on chérit
Une main sur la sienne se ride et oublie

À la faveur d’un été
Les cheveux collent sous un chapeau de paille
Les coquillages, trésors d’une marée basse
Une glace parfum citron, sur la terrasse

À la faveur d’une heure
Une aventure possible avec le livre ouvert
Quelqu’un écrit, rature, cherche l’étincelle
Devant l’armoire, elle choisit une robe légère

À la faveur d’une minute
Une marguerite s’ouvre en calice pour l’abeille
Un baiser brûlant, oublié le bus, sous l’aubette
L’enfant essaie son vélo, c’est une découverte

À la faveur d’une seconde
Le klaxon strident pour une joie, une ivresse
Une brise sur la peau, comme un courant d’air
Un battement du doigt, juste pour vous plaire

 

 

 

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Insatiable été

Petit derviche éphémère de l’été
Il danse sans relâche dans l’air
Le papillon blanc tourne, cherche
Un nectar sur la lavande fraîche

Sur la table, des miettes de pain
Il se pose et avance cahincaha
Le moineau picore avec insolence
Car, l’intrépide devine ma présence

Comme une oasis dans le désert
L’eau de la fontaine précieuse
Chante et nous invite avec grâce
À boire sa translucide grappe

Le jour d’été nait du voile
D’une nuit déchirée d’étoiles
Quand notre corps encore veille
Et admire ces insatiables merveilles

Profiter de la vacuité des heures
Vivre avec l’été jusqu’à satiété
Pour laisser le temps s’écouler
Dans la lumière du soleil espéré

 

Aux heures d’été

Quand les heures s’allongent
Sous la torpeur de l’été
À l’ombre d’une chaise longue
Revivre un temps oublié

Souvenirs lointains de la plage
Des coquillages piquant les pieds
D’un trop fragile château de sable
D’une pauvre pêche dans les rochers

Sous la voûte des étoiles
Un feu de camp improvisé
Un air entraînant à la guitare
Des rires et des baisers volés

Une promenade sur les remblais
Une crêpe au goût de beurre salé
Un chalutier qui rentre au port
Un goéland sur le clocher

Dans la malle de nos souvenirs
Comme de curieuses pantomimes
L’enfance et la jeunesse s’animent
Juste une réminiscence, un sourire

Un vent espiègle tourne les pages
Du livre qui attend sur la terrasse
Qu’importe, je voulais vous écrire
Aux heures d’été, à l’air doux des mots

 

Robert Doisneau , La plage à Penestin