Aux heures d’été

Quand les heures s’allongent
Sous la torpeur de l’été
À l’ombre d’une chaise longue
Revivre un temps oublié

Souvenirs lointains de la plage
Des coquillages piquant les pieds
D’un trop fragile château de sable
D’une pauvre pêche dans les rochers

Sous la voûte des étoiles
Un feu de camp improvisé
Un air entraînant à la guitare
Des rires et des baisers volés

Une promenade sur les remblais
Une crêpe au goût de beurre salé
Un chalutier qui rentre au port
Un goéland sur le clocher

Dans la malle de nos souvenirs
Comme de curieuses pantomimes
L’enfance et la jeunesse s’animent
Juste une réminiscence, un sourire

Un vent espiègle tourne les pages
Du livre qui attend sur la terrasse
Qu’importe, je voulais vous écrire
Aux heures d’été, à l’air doux des mots

 

Robert Doisneau , La plage à Penestin

L’orage

Le soleil puissant darde ses flèches incandescentes
L’hortensia flétrit écrasé par la chaleur ardente

Attendant une heure propice, les oiseaux se taisent
Et dans l’ombre du chêne, le chat alangui se terre

Le soir, comme un cheval fou, l’orage galope libre
Une brise tiède se lève, balaie les miasmes fétides

Bientôt, les nuages gris se chevauchent et cavalent
Les éclairs fusent, électrisent  la nuit qui se dévoile

Quand une pluie drue douche la terre par intermittence
La nature sèche veille pour boire l’eau rafraîchissante

Une tempête démonte la mer, un tonnerre au loin gronde
Parenthèse d’été, l’orage nous rappelle notre fragile ombre

Et, si un éclair de violence foudroie la Tour de France
La dame se tient debout, solide au coeur, résistante

Face à l’obscurantisme, l’homme libre ne rompt pas
Dans l’orage, il défend les valeurs auxquelles il croit

 

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Photographie de Bertrand Kulik

Légèreté

L’aube dispense légère les premiers rayons du soleil
Une goutte de rosée s’attarde sur la feuille assoupie
Demi veille, demi sommeil, instants doux et ouatés
Prolonger la nuit et laisser durer encore les rêves

La libellule défroisse son aile scintillante
Dans le matin cristallin, elle prend son envol
Volette comme un éclair de vif argent
Feu follet léger que l’on ose toucher

Elle croise les rubans sur ses chevilles ployées
Ses ballerines dessinent des arabesques folles
Sa silhouette s’élance légère sur le plancher
Suivre sa danse dans un vertige, fasciné

Sur le livre ouvert, les mots sont des balises
Ils nous invitent au voyage sans bouger
Sur la route, les lignes sont déjà tracées
Embarquer léger, les valises oubliées

Si tout s’efface en une seconde, un instant
Restera la prégnance d’un sourire
Le souvenir d’un amour, d’une vie pour certains
Une poussière légère dans un été serein

 

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