Un jour

Un jour, écouter sereinement l’orage
Apprivoiser ce tonnerre qui gronde
Car seul ce ciel trop noir décide
De faire la paix entre ses nuages

Un jour, écrire sans logique et sans suite
Ne plus subir les diktats de la rime
Attendre que le doigt sur le clavier
Pianote libre sa rivière de mots

Un jour, ne plus penser, ni réfléchir
Laisser l’âme vagabonder espiègle
Comme un jeune homme, une jeune fille
Qui fête l’essentiel, qui fête l’insouciance

Un jour, entendre respirer l’espoir
Avec les battements du cœur, en diapason
Même si la vie égratigne et menace
Même si parfois on ne sourit plus

Un jour, tout oublier et renaître
Retrouver l’enfant derrière les paupières
Celui qui touche une fleur et s’émerveille
Celui qui sait regarder loin, vers la lumière

 

Little girl running on meadow with sunset /Patrick

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Mais un jour

Mais un jour, mai arrive
Un chemin oublié sur la rive
Qui serpente entre les ponts
Où notre âme libre vagabonde
Pour fêter un soleil timide
Jouant avec des averses limpides

Mais l’oisillon déjà s’envole
Car, le nid douillet l’emprisonne
Le vaste azur l’attire en aimant
L’appelle comme un futur amant
Malgré de possibles violences
Il vivra au ciel son existence

Mais deux souffles s’hypnotisent
Un baiser si divin sous l’aubette
Ils jouent une éternelle scène
Car la tendresse jamais n’abdique
Elle se mire forcément dans un sourire
Dans ces yeux amoureux sans coup férir

Mais un rêve heureux nous égare
Il chante des lendemains de grâce
Quand personne ne nous épargne
Quand la mort rôde implacable
Garder en soi la force de l’espoir
Avec le joli mai pour gouvernail

 

Bus stop lovers Blake Pleasant

Manège

Les odeurs sucrées et rances se mélangent
Barbes à papa, relents de friture écœurante
Les néons scintillent, aveuglantes lumières
Le village vit la magie de la  fête foraine

Des autos tamponneuses, on entend le rythme
D’une chanson lancinante, un peu triste
D’autres manèges grincent dans la nuit
Sur son siège, un enfant s’amuse et rit

D’un mouvement brusque, elle se retourne
Ses cheveux claquent sur ses épaules
Le carrousel l’appelle comme un aimant
Elle s’approche de deux pas, doucement

Cette fillette sur le cheval de bois
C’est elle, il y a dix ans déjà
Juste une vision, le rêve d’un soir
Car le manège de la vie tourne inlassable

 

 

Popping lights / Mattia Bonavida