Le souffle

Un souffle de vent chemine doucement
La bise rafraîchit l’air ambiant
Il nous rappelle que l’été simplement
Se fige à l’orée des feuilles, tourbillonnant

L’artisan crée sa boule de cristal
Il oublie la chaleur du four ancestral
Il gonfle, souffle le verre pour un vase
Une œuvre unique qui trônera sur une table

Le souffle des mots emporte, en crescendo
La poésie se soulève puissante, en écho
Une petite musique où vibrent les tempos
Qu’on aimerait accorder sur un piano

Nos deux mains se retiennent, s’enlacent
Le souffle des promesses nous lie encore
Si les foudres du destin nous séparent
Je garde dans les yeux ton amour si fort

Notre cœur, sans relâche, avec hargne,
Bat, court, souffle même dans nos âmes
Vous l’entendez, il nous dit seulement
Que la vie vibre en nous heureusement

 

 

 

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Ciel d’azur

Quelques nuages aux formes étirés
Voilent le bleu azur et le soleil
Car l’astre, roi impérial du ciel
Règne en maître sur les jours d’été

Sur le sable, elle marche chaotique
En équilibre, la mouette se dandine
Ses ailes battent doucement, vibrent
Elle part vers l’azur où elle vit libre

Quand la fraîcheur du soir s’invite
L’azur du ciel se délite, agonise
Pour que naissent une pluie d’étoiles
D’irréelles gouttes qui scintillent

Le ciel azuré se marie à la mer si calme
Mais, le phare, monolithe en béton, s’impose
Son faisceau vert, comme un iris surveille
Pour les voiles perdues, l’imprévisible onde

Si au début, n’était que l’azur de l’été
La terre est un rien qui s’en est échappé
Si nous ne pouvons voler, on peut encore rêver
Et regarder ce ciel comme un cadeau inespéré

 

Phare St Valery en Caux

Nos rêves de pauvres de Nadir Dendoune

« Nos rêves de pauvres » relate l’itinéraire de Nadir Dendoune et de sa famille. Les courts chapitres brossent un portrait touchant et attachant du clan Dendoune. Le père, berger kabyle, arrivé en France avec sa femme et ses neuf enfants, dans les années 50, n’aura de cesse que d’offrir le meilleur pour les siens en travaillant comme ouvrier. La mère, femme courage, restera toujours du côté de ses enfants, les choyant le mieux possible. Nadir Dendoune nous raconte surtout la pauvreté dans cette cité de Seine St-Denis, les difficultés de vivre, le racisme ordinaire envers ces immigrés, ces « gnoules ». S’il dresse un portrait touchant de certaines personnes qui l’entourent, il en égratigne d’autres, ces » blancs » et leur condescendance. Chaque tranche de vie est très réaliste et esquisse un tableau émouvant de la famille et de l’auteur.
Son enfance est douloureuse, son adolescence chaotique, ses désirs, ses rêves se heurtent à la dureté de la banlieue. Sa plume est empreinte de gouaille, d’humour, mais aussi de rage. Pourtant, il s’en sortira, effacera son bégaiement, voyagera, grimpera même l’Everest et deviendra journaliste. Son envie de se surpasser bien sûr, il la doit avant tout à ses parents. Leur indéfectible amour l’aura porté, inculqué des valeurs de dépassement.
Si on trouve certaines répétitions dans ces chapitres d’abord publiés en chroniques, on reste ému par les mots de l’auteur chargés d’une authentique sincérité. Le langage est vrai parfois familier pourtant il retranscrit une grande pudeur dans les sentiments. Son attachement à son père et à sa mère nous bouleverse par sa tendresse, ses colères envers la France, la République et tout ce qu’elle suppose nous interpellent. Au-delà des clivages de notre société, des responsabilités que l’on veut faire porter aux immigrés, c’est bien un portrait de la France d’aujourd’hui que dessine Nadir Dendoune, cette France de l’autre côté du périph. Si ses parents ont toujours été malheureux en France, l’auteur, qui exècre le terme d’ « intégration », revendique le droit au bonheur dans ce pays qui est le sien.
Je lui laisse les derniers mots :
« On veut juste être considérés comme n’importe quel Français. Quand nous demandons l’égalité, nous voulons dire la normalité ».

 

 

Nos rêves de pauvres de Nadir Dendoune chez Pocket