Démence

Il soliloque
Seul
Dans la rue
Ses mots 
Dégringolent
Se cassent
Sur l'asphalte
Une seringue
A tout tordu
Son regard
Aussi
S'est perdu


Dans la chambre
Trop blanche
Elle se confine
Toujours et encore
Son temps figé
Sur la peur
Elle ne veut pas
Quitter le lit
Ouvrir la fenêtre
Sa main cherche
Une force 
Une envie

Ils parlent tous
Sans arrêt
Débats stériles
Schizophréniques
Des pantins
Imbibés
De pouvoir
Encravatés 
Qui n'écoutent
Jamais
Un pays 
Fatigué



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Dans la touffeur moite

Dans la touffeur moite
Il l'enlace sans bruit
Sa main tremble presque
D'avoir osé ce geste

Au creux de son épaule
Elle ne sait plus rien
Que lui et son cœur
Qui bat à cent à l'heure

Ils titubent ensemble
Assommés par l'ivresse
Leurs silhouettes se fondent
Pour peindre une seule ombre

Sa bouche frémit sur la sienne
Le monde disparaît autour
Il sait qu'il cherchera toujours
Le même baiser d'amour

Son désir irradie son ventre
Comme un soleil au zénith
Un invincible Cupidon
La terrasse et l'éblouit 

Dans la touffeur moite
Ils disparaissent engloutis
Qu'importe le temps qui passe
Ils ont vingt ans, pour la vie





Peinture André Kohn

Contre

Contre ton front ridé, fané
Je pose ma tendresse d'équidé
Tout ce désert lunaire autour
N'effraie en rien notre amour

Contre le ciel se colle un nuage
Un coton duveteux qui voyage
Il dessine des chevaux d'albâtre
Qui caracolent vers un orage

Contre la terre grouille une vie
Tu la sens, elle aspire et frétille
Elle remonte lentement dans ta cuisse
Comme un sang visqueux qui palpite

Contre ce virus qui nous use
Gardons un souffle qui courre
Il détale, passe sanitaire,
Loin d'un lit de misère

Contre toi, je cherche encore
Un sourire, un rêve, un trésor
Ton ombre rejoint la mienne
Et danse toujours avec le soleil


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