Contre

Une fleur tendue contre un casque
Un pétale jaune dans la grisaille
On oublie un moment les représailles
La violence pour une paix rare

Contre vent et marée, il vole
Le goéland brave la tempête
Une flèche blanche dans le ciel
Il sait embrasser l’univers

L’enfant se blottit tendrement
Contre sa mère qu’il surprend
Ils ne forment qu’un, comme avant
Quand elle l’attendait, simplement

Un mot contre un mot dans un nid
Comme des plumes douces et fines
Et le vers roule sur la ligne
Nait la strophe, l’oiseau libre

Si je pèse le pour et le contre
Je finis toujours par croire
Que mes mots s’envolent contre
Votre bienveillant regard

 

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Il suffit

Il suffit d’une porte ouverte
Pour que rentre le soleil
On l’attend, il se glisse
Et tamise de lumière
Un mur triste

Il suffit d’une caresse
Qui effleure le visage
La larme hésite, s’efface
Sur le visage, s’esquisse
Un sourire timide

Il suffit d’un mot joueur
Il éclate les rires
La phrase s’encanaille
Elle ripaille dans
Un joyeux tintamarre

Il suffit d’un éveil
Pour oublier la nuit
Un matin, un espoir
Redonne l’envie
D’une nouvelle vie

Il suffit de croire
Au soleil, aux caresses
Au mot, à l’espoir
Et nos vies poétiques
Écrivent des arabesques
Libres

 

Peinture de Anna Lohse

La Complice

Pour moi, c’est une bonne nouvelle. Mon nouveau roman paraitra le 7 janvier aux Éditions Hélène Jacob.
Il sera disponible en format papier et en format numérique.
Il s’appelle : « La Complice ».
La lecture est au cœur de ce livre.
J’espère que dans l’océan des ouvrages proposés, il devienne pour quelques heures, quelques instants, complice de vos lectures.

Voici le début :

 » Le soleil se perd sur la ligne d’horizon, là-bas, au loin, au-delà de la Loire, qui serpente entre les quais et s’élargit en vagues moutonneuses au milieu de l’océan. Le ciel sur Nantes s’assombrit peu à peu. Un rectangle de lumière encore clair s’éternise sur le rebord de la fenêtre entrebâillée avant de disparaître complètement, absorbé par les ténèbres. La chaleur moite de la mansarde s’évanouit pour laisser place à une fraîcheur plus supportable. Une bise légère se lève, tourbillonne et chasse les miasmes fétides venus du dehors.
Prise de vertiges, Estelle se sent à bout de forces, au bout du rouleau, au bout d’elle-même. L’ouvrage posé sur l’accoudoir du divan tombe avec un bruit sourd. Une petite bombe de papier s’écrase au milieu du studio. Le son paraît quasiment inaudible, mais il retentit dans sa cervelle égarée. »