Le train

Cela peut commencer par un train.
Toute histoire peut commencer par un train qui part ou qui arrive
Chaque vie raconte son lot de départs, d’arrivées en gare.
Mais, l’histoire ne peut pas s’arrêter là, elle file ailleurs
Et pourtant, imagine, imagine ta vie dans le train de la vie

Compartiment 1 : La maternité, au début bien sûr, dans un compartiment aménagé. Tes premiers cris se mêlent aux bruits des rails
Compartiment 2 : Tu grandis, jouant entre les fauteuils, attentif au monde à travers des vitres embuées. Peu à peu, tu remontes le train comme on avance dans la vie
Compartiment 3 : Premiers baisers volés entre deux portes coulissantes, premières étreintes cachées dans des toilettes bruyantes
Compartiment 4 : Il faut te poser, travailler, vivre le train-train quotidien, être un adulte raisonnable
Compartiment 5 : Voilà tu occupes tout l’espace d’un compartiment. Tu t’es installé avec enfants et bagages
Compartiment 6 : Tes mains tremblent sur les accoudoirs. Tu n’as pas vu défiler les gares et le temps est passé
Compartiment 7 : Tu descends du train. Pour toi, c’est la dernière escale. Tes yeux se remplissent de larmes
Sur le quai, tu te retournes pour regarder le train quitter la gare et partir vers l’horizon
Un autre a pris ta place

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Bonne année 2023

Je souhaite à tous les abonnés, à tous ceux qui s’arrêtent sur cette page une très belle année.

Qu’elle vous soit douce et riche de ces instants créatifs qui remplissent nos vies.

Extrait de Votre rendez-vous avec l’écriture aux Editions Lanore :


« La créativité est à l’œuvre dans toutes nos activités.

Il s’agit à chaque fois d’actualiser les potentialités qui sommeillent en nous.

A chaque instant, je crée et je me crée même si je ne m’en rends pas compte,

même si je me crée dépendant ou aliéné. »

Une enfant de Kiev

Quand décembre s’annonce avec ses festivités

La nuit se perd, s’illumine d’ampoules étoilées

Les sapins décorés trônent près des cheminées

Dans nos magasins, une fièvre s’est emparée

Du badaud qui achète des cadeaux bariolés

Pour des enfants attendant avec fébrilité

Ce joli matin où ils pourront tout déballer

Moments de bonheur que l’on sait préparer

Des fêtes en paix que d’autres ont oublié


Kiev clôt la semaine comme elle l’a commencée

Sous des bombes, sans eau, sans électricité

Ni trêve, ni couloir humanitaire pour la cité

La guerre est sourde aux appels de la communauté

Dans le chaos, elle survit dans le froid, résignée

Au milieu des ruines, elle joue encore obstinée

Les gravats acérés salissent ses doigts écorchés

Tant pis, la cave reste un espace de liberté

Elle affronte avec courage tous les dangers



Si la poésie demeure une voix, un rêve éveillé

Une étoile dans nos cœurs refusant d’agoniser

J’envoie mon songe dérisoire au delà des contrées

Comme une bulle d’espoir que l’on ne doit percer

Pour qu’une enfant de Kiev puisse retrouver

Un sourire, une innocence, un cadeau inespéré

Des instants de bonheur, de paix au goût d’éternité