Nos vies libres

Nous étions jeunes chantant sans relâche sur les collines
Notre horizon se fondait dans un ciel aveuglant de lumière

Nos danses, la nuit, caressaient la voûte des étoiles
Nos fenêtres s’ouvraient sur des horizons infinis

Nos rêves s’échappaient sur des routes sans fin
Nos chevaux portaient aux encolures des mouchoirs de vent

Nos amours étaient des cicatrices sur un monde hostile
Nos enfants étaient plus précieux que nos vies

Notre terre d’asile ressemblait à notre exil
Nous restions des vagabonds mais des hommes libres

 

 

Van Gogh – les roulottes, campement de bohémiens

 

 

À ton oreille

Je marche sur des copeaux d’ennui
Sur un chemin crevé d’ornières
Dans un brouillard flouté de suie
Vers un horizon, qui s’achève

Je crie dans le silence infini
Des mots, bulles de tendresse
La mésange picore des graines
Et attrape quelques lettres

J’écoute le son terroriste
D’une lucarne si sûre d’elle
Je lève une mesure barrière
Elle vole devant dans l’air

J’attends une autre saison
La lumière douce du soir
Des couleurs vives, le charme
Des fleurs qui éclatent

Je t’effleure la main
D’un souffle invisible
Mes mots à ton oreille
Restent malgré tout libres

 

 

Le café du hasard

Peut-être que la vie reviendra,
Dans nos cafés, nos restaurants, nos lieux de culture, de rencontres …
Un jour, bientôt, on sera là ….

Dans un café désert, il l’a rencontrée
Il buvait une bière, au comptoir accoudé

Il s’ennuyait chez lui sans pouvoir dormir
Il était parti à la recherche d’un sourire

Elle regardait dehors tomber des gouttes d’eau
Elle s’enivrait de l’arôme d’un café chaud

Lui et elle ont soutenu, croisé leur regard
Elle et lui, deux solitudes ensemble par hasard

Il l’avait cherchée partout, c’était peut-être elle
Elle se demandait si elle devait remercier le ciel

Leurs paroles, leurs silences se sont mêlés dans l’air
Le temps s’est suspendu avec eux, dans ce café désert

Dehors, la pluie a oublié peu à peu de tomber
Cette histoire banale, je vous la laisse terminer