Sables

Le désert déroule à l’infini
Ses longues pages de sable
Dunes comme un livre ouvert
Hymne au vent et au soleil

Libre et aérien dans l’azur
Le goéland boite et trébuche
Sur le sable mouillé de la plage
Empreinte d’exilé trop fragile

Sous la tonnelle fraîche
L’enfant contre sa mère
Le marchand de sable passe
Il dort à sa source originelle

Un grain de sable, une minuscule étoile
Qui scintille sur ton cil, je l’efface
Il n’adviendra de nous qu’un souvenir
Une poussière, le murmure d’un été fugace

 

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Se réconcilier avec le vivant de Nicolas Thierry

Je remercie Mass Critique de Babelio pour la lecture de ce livre. Nicolas Thierry est un élu vert de la région Nouvelle Aquitaine et lors de quelques jours de vacances avec des amis, il va confronter sa vision écologique avec celles de ses camarades. Dans son récit, les avis s’opposent sur les grandes questions écologiques même si la conception de l’auteur prédomine. À l’heure où l’écologie devient une préoccupation majeure qui dépasse le cadre politique, il est intéressant de lire, de mieux s’informer à travers ces pages.
Ainsi Nicolas Thierry envisage la disparition des animaux comme l’enjeu essentiel qui doit nous occuper. L’homo sapiens, restant qu’une espèce parmi les autres, sa survie ne dépendra que de celles des autres. Que ce soit les espèces animales que nous connaissons tous, mais aussi celles soi-disant ordinaires qui peuplent nos campagnes. À la lecture, il me semble même que Nicolas Thierry en fait un préalable par rapport à la lutte contre le réchauffement climatique. L’auteur aborde bien des questions, comme l’importance d’une agriculture en dehors des lobbies, qui ne serait plus noyautée par son puissant syndicat, une agriculture proche de la nature, vivant à son rythme, loin de la productivité de masse. La technologie, souvent considérée comme une fin en soi n’est qu’un leurre qui ne pourra pas changer radicalement le mouvement de destruction.
Même si les livres comme les discours politiques semblent oublier les préoccupations que l’on peut avoir, j’ai apprécié dans ce récit une certaine simplicité, une vraie sincérité du propos qui bannit la  » langue de bois » que l’on peut connaître.
L’auteur n’hésite pas à revenir sur la sémiologie, les mots que l’on emploie, leur sens galvaudé :  » environnement, exploitation ». Comme si, nous étions forcément supérieurs, nous excluant volontairement de cette Nature. Et pourtant… On le sait la facture est salée et le sera encore plus, pour écrire familièrement. Il n’y aura pas de retour en arrière possible. Les générations futures n’auront malheureusement pas la chance de côtoyer certaines espèces d’oiseaux, d’insectes, de poissons, elles devront affronter les conséquences de l’activité humaine et de son exploitation de la Nature. Il y a un certain fatalisme dans les propos de l’homme politique, peut-être celui d’un élu qui se bat contre le profit, l’argent et ses acolytes. Il n’empêche son combat mérite plus que notre attention. C’est aussi le notre pour notre survie.
Je laisse les derniers mots à l’auteur :
 » Cultiver une relation apaisée et bienveillante avec les autres formes de vie est notre fil d’Ariane pour que cet avenir déshumanisé n’advienne pas. »

 

 

 

Se réconcilier avec le vivant, Nicolas Thierry, Rue de L’échiquier

 

Canicule

Il touche les barreaux
Le fer lui brûle la peau
Il fuit le soleil assassin
Sa lumière est sans fin
Dans sa cellule, il attend
De pouvoir respirer doucement
Il espère qu’on ne l’a pas oublié
Qu’il va aussi boire et manger
À la télé, il voit ces températures
Ici, elles explosent, c’est sûr
Il aimerait tant lui aussi
Se rafraîchir dans un parc la nuit
Mais, la prison reste son tombeau
Où seul le ciel est libre et beau

Elle court dans les étages
L’ascenseur est encore en panne
Sa blouse lui colle à la peau
Des gouttes suintent dans son dos
L’hôpital comme une ruche la happe
Sur un brancard, une main l’attrape
Elle s’arrête pour s’en occuper
De l’eau pour ses doigts ridés
Tant pis, voler un peu de temps
Pour parler, rassurer gentiment
Elles sont deux pour cent malades
Car la canicule fait des ravages
Elle battra la fatigue cette nuit
Comme cette chaleur qui l’écrase aussi

 

 

 

Photo de Cécile Langlois