D’elle à moi

La Complice, c’est l’histoire d’Estelle et de Clara.
Entre le passé et le présent
Entre un Moi que l’on voudrait oublier et un Moi qui doit accepter celle que l’on a été.

Il aura suffi de la lecture d’un chapitre pour que la vie d’Estelle bascule.
Au fil des pages d’un roman acheté par hasard, elle découvre sa propre histoire, racontée par un auteur qu’elle n’a jamais rencontré et contenant des détails troublants qu’elle est seule à pouvoir connaître.
L’héroïne du récit, c’est Clara, une délinquante, la complice d’un meurtrier.
Elle est le double d’Estelle, son miroir livresque.
Pendant une semaine d’été, entre jours et nuits nantaises, Estelle doit revivre son passé et affronter ses anciens démons, afin de retrouver l’écrivain et percer ce mystère.
Éric, un jeune libraire, l’aide dans ses recherches, et plus encore…

 

Le poème en exergue de La Complice :

 

 

Découvrez La Complice sur le site des Éditions Hélène Jacob :

La complice (Valérie Hervy)

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Malik

Au loin, dans les abysses, le soleil s’est noyé
Une obscurité dense, d’encre s’est installée
Tripoli est déjà loin, la plage semble déserte
Le soir, les rochers gardent un air lugubre, sévère
Malik, le jeune malien, grelotte de froid
Seul, il attend dans la dune avec effroi
Malik ne sait pas compter, lire et écrire
Au village, il ne travaille qu’une terre aride
Dans la case, les sacs sont souvent vides
La faim le menace comme une compagne avide
S’il veut vivre, il doit quitter son village
S’il doit vivre, il veut voir un horizon large
Effacer un jour trop chaud qui ne présage que famine
Chercher ailleurs un endroit juste pour survivre
Maintenant, il entend les vagues qui se fracassent
Sur la barque, fragile esquif, il a payé une place
Tout à l’heure, ils s’entasseront nombreux
Serrés comme des sardines, certains priant Dieu
Si la mer est un ogre, il espère sa clémence
Il regardera vers la terre promise, l’espérance
Le voyage est long, plein d’incertitudes
Un ami l’attend à Paris sous une tente de fortune
Sans papier, son horizon peut être des barbelés
Car L’Europe ne veut pas de tous ses immigrés
Malik cache dans sa poche du sable du Mali
Il égrène les grains pendant toute la nuit

 

 

 

 

 

 

Seule la poésie

Seule la poésie nous prend, nous élève
Loin des contingences de la terre
Loin des violences qui nous étranglent
Victimes et coupables ensemble

Une abeille meurt d’un pesticide
Un ours crève sur la banquise
Pour une belle et gazeuse cylindrée
Une usine qui rejette ses saletés

On se félicite d’apercevoir
Une naissance dans un zoo, un parc
Un panda sous les projecteurs
Sa vie est pourtant ailleurs

Seule la poésie nous racontera
Le monde ancien qui n’existe pas
Où l’oiseau disparu picorera
Où la baleine dans l’océan sautera
Mais nous est-ce que l’on survivra ?