L’échappée

Il touchait l’herbe grasse et verte
Humait l’air comme une source claire
Que l’on vient boire à pleine poignée
Un élixir regonflant son ventre noué

Des papillons dansaient devant lui
Une fleur le regardait sans bruit
Ses pas foulaient un tapis de mousse
Ses pieds ancrés dans la terre douce

A travers les forêts, à travers les prés
Il marchait, courait sans s’arrêter
Il volait presque au-dessus des blés
Personne ne pouvait arrêter son échappée

Une flèche l’a foudroyé en plein cœur
Du mauvais sang coulait de son œil
La douleur irradiait son corps tendu
Il respirait mal, angoissé et perdu

Ma main caressait sa peau pour l’aider
Mon torrent de larmes à ravaler, oublier
Lui dire une dernière fois mon amour
Pour qu’il s’échappe vers un autre jour

 

 

Publicités

Quelques haïkus

Quelques haïkus créés avec l’atelier d’écriture Les P’tites plumes de la perle à Nantes :

 

 

en suspend sur un fil
l’hirondelle en équilibre
au dessus du vide

 

arbre enraciné
sous les battements de la neige
toujours en vie

 

au clair de la lune
des étoiles scintillent
à ton doigt

 

une armée de pins parasols
lancent des flèches
vers le vide

 

ciel pourpre orangé
l’été agonise
sur la ligne d’horizon

 

 

Photo de Grégory Dolivet

L’espérance

Timidement, les feuilles naissent
Elles n’osent s’épanouir presque
Le froid vif menace avec le gel
La jonquille dort encore si frêle
Le printemps, elle attend et espère

Sur la rambarde, il pépie d’impatience
Le moineau espère des miettes de pain
Un tendre partage qu’on lui doit bien
Car l’hiver, la nourriture devient rare
Pour ce prince des airs qui nous charme

Devant le livre ouvert, on embarque
On croit à l’espérance d’un voyage
On cherche un ailleurs entre les pages
Grisé par l’aventure, le vent du large
Dans l’attente d’un mot léger ou grave

On oublie hier, ses déceptions et ses échecs
Quand l’aube colorée à nouveau nous éclaire
L’espérance nous étreint comme une musique
Qui joue au fond de nos cœurs, belle ou triste
Vous entendez, on valse avec notre vie unique