À la faveur

À la faveur d’une vie
Dans la chambre, un premier, un dernier cri
Près de soi, un enfant que l’on chérit
Une main sur la sienne se ride et oublie

À la faveur d’un été
Les cheveux collent sous un chapeau de paille
Les coquillages, trésors d’une marée basse
Une glace parfum citron, sur la terrasse

À la faveur d’une heure
Une aventure possible avec le livre ouvert
Quelqu’un écrit, rature, cherche l’étincelle
Devant l’armoire, elle choisit une robe légère

À la faveur d’une minute
Une marguerite s’ouvre en calice pour l’abeille
Un baiser brûlant, oublié le bus, sous l’aubette
L’enfant essaie son vélo, c’est une découverte

À la faveur d’une seconde
Le klaxon strident pour une joie, une ivresse
Une brise sur la peau, comme un courant d’air
Un battement du doigt, juste pour vous plaire

 

 

 

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Insatiable été

Petit derviche éphémère de l’été
Il danse sans relâche dans l’air
Le papillon blanc tourne, cherche
Un nectar sur la lavande fraîche

Sur la table, des miettes de pain
Il se pose et avance cahincaha
Le moineau picore avec insolence
Car, l’intrépide devine ma présence

Comme une oasis dans le désert
L’eau de la fontaine précieuse
Chante et nous invite avec grâce
À boire sa translucide grappe

Le jour d’été nait du voile
D’une nuit déchirée d’étoiles
Quand notre corps encore veille
Et admire ces insatiables merveilles

Profiter de la vacuité des heures
Vivre avec l’été jusqu’à satiété
Pour laisser le temps s’écouler
Dans la lumière du soleil espéré

 

Un jour

Un jour, écouter sereinement l’orage
Apprivoiser ce tonnerre qui gronde
Car seul ce ciel trop noir décide
De faire la paix entre ses nuages

Un jour, écrire sans logique et sans suite
Ne plus subir les diktats de la rime
Attendre que le doigt sur le clavier
Pianote libre sa rivière de mots

Un jour, ne plus penser, ni réfléchir
Laisser l’âme vagabonder espiègle
Comme un jeune homme, une jeune fille
Qui fête l’essentiel, qui fête l’insouciance

Un jour, entendre respirer l’espoir
Avec les battements du cœur, en diapason
Même si la vie égratigne et menace
Même si parfois on ne sourit plus

Un jour, tout oublier et renaître
Retrouver l’enfant derrière les paupières
Celui qui touche une fleur et s’émerveille
Celui qui sait regarder loin, vers la lumière

 

Little girl running on meadow with sunset /Patrick