Imagine

Cabochard, le mot joue à saute-mouton
Glisse sur le toboggan de l’imagination
Il se rit de mes pauvres intuitions
Et continue, libre, ses pérégrinations

Les fleurs dorment, frileuses, gelées
Une petite rose bravache s’est réveillée
Ses pétales velours frémissent sous la rosée
Elle, seule, imagine le printemps retrouvé

Au fond de la classe, une fillette cherche
Une belle histoire à écrire pour la maitresse
Enfin, un raton laveur murmure à son oreille
Il faut, maintenant, tenir son imagination en laisse

Refuser la route tracée, prendre un chemin de traverse
Préférer le vin, la poésie ou une autre ivresse
Aimer ceux qui sont là et ceux que l’on espère
Imaginer un monde empreint d’une infinie tendresse

 

 

 

John Lennon . Imagine

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Neiges

Sur le désert blanc, son ombre se devine
Ses branches en corolle se cristallisent
L’arbre s’enracine fier toujours en vie
Si la neige ralentit son pouls, il survit

La mésange picore sans relâche les graines
Ses pattes dansent sur le rebord de la fenêtre
Si les flocons de neige arrêtent son manège
Elle lisse son plumage, mécontente, rebelle

Le matin, dans les forêts, dans les prés,
Un renard, une bécasse, une biche, un sanglier
Dessinent des empreintes délicatement brodées
Par une neige poudreuse qui sait les apprivoiser

Sur la vitre, une étoile translucide glisse
Mon doigt ne peut retenir son infime sillage
Le bijou neigeux vit l’espace d’une grâce
Le flocon reste le rêve d’une goutte de glace

L’hiver, imprévisible intrus, jette sur nos vies
Un manteau épais et mélancolique de neige
Au-dehors, il fait froid, demain, il gèle
Chut, inventons un soleil d’espérance pérenne

 

 

Photo de Vassilis Tangoulis

La griffure

Sur la table, la plume glisse
Accroche la peau lisse des mots
Griffe la page vierge, innocente
Retient la morsure des maux

L’arbre s’est à peine penché
Une griffure saigne son écorce
L’entourer longtemps de ses bras
Sentir sa sève qui bat encore

Sa patte griffe, au sang, brutale
Si on bouscule son sommeil
Le chat sauvage se rebelle
Et s’enfuit rejoindre les étoiles

Sur l’étoffe soyeuse, chatoyante
De mille couleurs, de nuances
L’aiguille experte griffe un signe
Pour la robe parfaite, unique

Sur le mur, une photo jaunie
Rappelle un souvenir, un ami
La griffure d’un passé fini
Fait couler des larmes de vie

Si L’écriture est une griffure
Qui vient de si loin, de l’enfance
Elle cicatrise dans cet instant
Où vous m’offrez un pansement